Use Less (CD / 2007)

by Trunks

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about

Enregistré par Laurent Dahyot au Studio des Sports, et à Drop Studio.
Mixé par Laurent Dahyot et Trunks.
Masterisé contre son gré par Laurent Dahyot.
Trunks est : Régïs Boulard, Stéphane Fromentin, Régis Gautier, Daniel Paboeuf et Laetitia Shériff.
Textes : Haiku de Jack Kerouac / Régis Gautier ("Our Stars")
Musique : Trunks

www.trunks.fr

www.myspace.com/areyoutrunked

www.facebook.com/areyoutrunked


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www.nextclues.com

Quand un groupe me propose qu’on se lie d’amitié pour l’éternité sur mypaire, je dois avouer que 9 fois sur 10 je clique sur “approve” et que ça s’arrête là. Exceptionnellement, il arrive que ma curiosité prenne le dessus et me fasse écouter distraitement 20 secondes d’un morceau minable, avec le son ignoble, miniature et ultra aigu qui sort de mon ordi technologiquement à la rue. Ça ne va que très rarement plus loin.

Avec trunks, l’histoire a été toute autre. Le premier morceau à se mettre en route a été Are You Trunked et je n’ai pas pu faire autrement que l’écouter en entier. Puis j’ai lancé ceux qui se cachaient derrière des photos de troncs et de coffres, soit à peu près toutes les traductions possibles du mot anglais hormis “trompe d’éléphant”. Pourtant, c’est celui qui soufflait dans un tuyau qui a retenu immédiatement mon attention. J’ai jeté un coup d’œil aux “band members” et au sax j’ai lu : Daniel Pabœuf... Pabœuf, Pabœuf, ça me dit vraiment un truc ça, Pabœuf, mais quoi ? 
Ma première tentative de réponse a été “Mais oui, c’est un saxophoniste de jazz français hyper réputé.” Le lendemain, de façon assez incroyable, je n’avais toujours pas oublié trunks et ça a enfin tilté : “Putain de Dieu de merde, mais Daniel Pabœuf, c’est le mec qui jouait du saxe dans Marquis de Sade puis dans Octobre (je ne crois pas qu’il ait aussi participé à Marc Seberg, mais je n’ai pas vérifié)” Cette fois, en vieux fan de ce groupe mythique de Rennes (j’étais gamin quand un plus grand a mis Final Fog (Brouillard Définitif) sur une de mes cassettes et je n’ai depuis pas pu décrocher...), c’est sur le “Send Message” que j’ai cliqué. J’ai demandé et on m’a répondu par l’affirmative. Lui-même. 

Pour le moment, ça ne vous avance pas énormément : Ok, y a du saxo dans trunks et le mec qui en joue a fait de la route, même si finalement il se retrouve une fois de plus dans un groupe de Rennes. Un peu de patience, ça vient.

Intuitivement, c’est à The Ex et à Dog Faced Hermans que j’ai pensé en premier lieu, mais c’est avant tout au Prohibition plus expérimental que l’on trouve sur l’album de collaborations File Under Music que ce Are You Trunked pouvait le plus se rapprocher. Il figure en deuxième piste sur ce cd emballé dans une très belle pochette bordeaux, couverte de trois stickers et limitée à 500 exemplaires. Une main a numéroté un 278 sur ma copie. Celui d’avant, l’opener, était un accouplement (pas totalement improbable) entre Man or Astroman? et Brainiac sur des samples de news radio US d’après-guerre. Le suivant est du slowcore chanté avec grande classe par une fille qui répète sans le moindre accent : 

And the quiet cat 
sitting by the post 
Perceives the moon. 

Bien sûr, vous aurez tous reconnu un haiku de Jack Kerouac. Les surprises n’arrêtent pas de sortir de cette malle. 

Ce qui est maintenant évident au quatrième titre (l’instrumental Interzone 1, ça sent la référence à Joy Division à plein nez...) c’est que c’est la guitare qui domine et on commencerait à croire que l’on n’est pas loin d’enfin cerner ce groupe. Arrivé au cinq, c’est le bonheur absolu avec un free-form-jazz sur une rythmique chicago sound (Inner Amo) et maintenant je me vois bien obligé de continuer à vous parler de tous les morceaux d’un disque époustouflant. Et dans l’ordre. Un post-punk westernisant, instrumental et infernal explose à nouveau en 6. Cette musique, certainement influencée par des groupes tels Zu ou l’Enfance Rouge, laisse beaucoup de place à l’improvisation et si le groupe ressemble de plus en plus à une troupe d’artistes inspirés qu’à autre chose, n’y voyez pas la moindre touche de prétention ou d’intellectualisation. Tout est simple, ludique, instinctif, parfois casse-gueule et livré tel quel.
La preuve en 7 (Our Stars) : retour au calme et à un chant féminin qui par défaut me fait penser à la voix de Tara Jane O’Neil et surtout à quelqu’un d’autre que je n’arrive pas à identifier. Interzone 2 suit : je déconnais pour Interzone 1, cet instru en forme de double entracte est à mon avis beaucoup plus une référence à Burroughs qu’à Joy Division. Le neuf, ambitieux, le gros morceau du disque, dure ce même nombre de minutes et s’appelle du coup quasiment comme l’album. A la place de Use Less (utilise moins), elle chante Useless (inutile, tu vois la subtilité ?) et c’est d’ailleurs une nouvelle fois tiré d’un haiku de Kerouac : 

Useless, useless,
the heavy rain
Driving into the sea.

Ce morceau indie pop est absolument magique (surtout pour un mec qui comme moi déteste généralement ça), et en comparaison le suivant n’est pas loin d’être ennuyeux. Mais il a le mérite d’être court et d’amener au 11, une espèce de jazz optimiste et super rythmé qui redonne des couleurs au Clown de Charlie Mingus. Attention, ce n’est pas un instrumental pour autant ! Je ne sais plus si je vous ai déjà parlé de Kerouac, mais les paroles suivantes : 

Pull my daisy
tip my cup
Cut my thoughts
for coconuts 

lui ont été empruntées. Fantastique.

Ca vaut bien quatre minutes de silence. 

Puis en ghost track, viennent se rajouter trois minutes d’un drone mystique que l’on avait déjà entendu à la fin de Trunk-o-matics. Hahaha. Ils ne se sont pas trompés de champignons avant d’en faire une infus.


Cet album est à commander d’urgence sur Box Pock.
(9/10)
{Bil}

credits

released 01 May 2007

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